Okupas

by

J’ai commencé à m’intéresser aux Okupas, occupants illégaux de bâtiments abandonnés, autrement dits squateurs, en cherchant un logement à faible loyer dans Barcelone. Il s’agit d’une recherche évidemment orientée vers un environnement culturel, un espace collectif engagé, un mouvement, plutôt qu’une simple collocation dans un 5 et demi. Contestataires et revendicateurs, leur existence et leur lutte ne vont pas sans légitimité, puisque les Okupas sont appuyés par plusieurs couches de la population.

Barcelone est depuis toujours une destination de choix pour l’émigration. Plus récemment, des évènements de portée internationale, tels que les Jeux Olympiques d’été de 1992, l’ont fait bondir de ville en métropole. Elle accueille désormais une population cosmopolite et un grand flux de touristes.
Plusieurs phénomènes en surgissent, puisque les besoins de ses habitants changent. Les logements offerts par la municipalité sont axés sur la propriété et il existe de moins en moins de logements sociaux. De plus, le marché immobilier connaît une hausse exponentielle depuis 10ans. Finalement, on peut remarquer un ‘zoning’ accru, c’est à dire une homogénéisation des habitants par quartier.

Autant les immigrants que les locaux, les vieux que les jeunes sont touchés par cette direction qu’a prise Barcelone vers le capitalisme, en général ce sont les personnes à plus faible revenu comme les étudiants ou les retraités. Ces gens sont parfois obligés de quitter la ville pour des zones périphériques.

Les Okupas occupent donc illégalement des bâtisses de types variés spéculativement abandonnées, réparties partout, mais souvent dans des quartiers touchés par ces phénomènes pour souligner les motifs de contestation. Elles sont au nombre de 250 en 2008 à Barcelone. Les Okupas sont appuyés par la population locale car ils offrent un type de logement alternatif où l’on peut militer en groupe pour défendre des causes socio-politiques. Leur but est vraiment de donner un accès à la ville à tous. Ils doivent exploiter un espace à son meilleur, tout en considérant ses limites temporelles car on n’est jamais à l’abri d’une menace d’expulsion. De plus, les Okupas organisent souvent des ateliers, des expositions, des cercles de débats, etc. ce qui fait de leurs «cases» des pôles sociaux-culturels et artistiques de quartier appréciés par leurs co-citoyens.

Quelques points à considérer si l’on habite dans une casa Okupa:
Il vaut mieux ne posséder que l’essentiel car les objets de valeurs ne sont pas de mise.
Connaître ses droits et être préparé à de fréquentes altercations policières. Les poulets prennent avantage des personnes qui se laissent manipuler parce que trop mal informées légalement.
Savoir que l’on ne pourra appeler «home sweet home!» la casa que l’on occupe que de façon éphémère.

Chacun peut joindre ou ouvrir une casa Okupa, et même être seul à y habiter. Renseignez vous sur: http://okupesbcn.squat.net/en/index.html

Aïda Lorrain

Étiquettes : , , ,

2 Réponses to “Okupas”

  1. Catherine D. Says:

    J’avais déjà entendu parler d’un phénomène semblable à Paris. Le côté communautaire des gens qui s’entraident et font fonctionner des logements souvent déconnectés du système (électricité, eau courante) était le même, mais sans l’appui de la population locale et le côté très revendicateur de ce mouvement barcelonais. Clairement, même si Barcelone devient de plus en plus capitaliste, elle reste plus socialiste que Paris face à ses immigrants ou population à faible revenu.

  2. Ian Says:

    Lorsque j’étudiais la catalan à Barcelone, j’avais une camarade de classe qui vivait dans des squats depuis plusieurs années. Elle était venue de Pologne pour vivre la bohème. Elle convenait que ce n’était pas facile, mais elle adorait ce style de vie.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :