2 types d’immigration en pays catalan

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            On a vu déjà dans le cours que la Nation Catalane s’était enrichie des apports culturels, politiques, artistiques,  et technologiques des différentes civilisations qui l’ont traversée et occupée au cours des siècles. Mais qu’en est-il de maintenant? On a parlé un peu des migrations intérieures de l’Espagne qui ont fait remonter des gens du sud vers la Catalogne, mais presque pas de l’immigration internationale impressionnante qui a lieu maintenant en territoire catalan, et qui continue d’enrichir et de diversifier la culture catalane, tout en provoquant des ajustements sociaux, des reconfigurations du multiculturalisme et bien des débats qui versent malheureusement souvent dans la xénophobie.

            La hausse de l’immigration espagnole et catalane est plutôt récente et témoigne des bouleversements mondiaux. On différencie deux types d’immigration qui se démarquent très nettement l’une de l’autre en pays catalans : la première est celle qui rassemble des gens plus défavorisés des pays du Maghreb, de l’Afrique noire, de la Chine, des l’Amérique latine et de l’Europe de l’est cherchant une possibilité d’emploi et l’élévation de leur qualité de vie. Le deuxième type d’immigration touche surtout les Baléares et la côte méditerranéenne; elle est composée d’immigrants européens, aisés, la plupart à la retraite, cherchant un climat agréable pour adoucir leurs jours. Ils constituent mine de rien 35% de la population immigrante régularisée. Si on fait les comptes, les pays d’origine des nouveaux résidents catalans sont surtout (je vous donne les cinq plus importants) le Maroc, l’Équateur, la Colombie, Le Royaume-Uni et l’Allemagne.

            Tous ces nouveaux arrivants ont un impact sur l’espace public, le paysage urbain, les représentations de la culture et les activités économiques. . L’immigration aura aussi un impact sur le développement de nouvelles habitudes socio-économiques, bien que souvent une xénophobie latente catégorise les gens selon leur pays d’origine pour leur proposer aussitôt un mode de vie différencié : par exemple la population africaine est souvent reléguée aux travaux agricoles et à la vente ambulante.Avez-vous vu Biutiful? C’est un film qui témoigne du rôle vivant des étrangers à Barcelone.

En dehors des grandes villes, c’est aux Baléares qu’on enregistre le plus haut taux d’immigration. Malheureusement, l’accueil de la population immigrante ne se fait pas sans heurts. Le boom de la diversité linguistique et culturelle a créé des tensions et des inconforts. En modifiant le paysage public, le sentiment d’auto-identification des locaux est bousculé. Cela mène souvent à l’incompréhension et à l’intolérance. Dans la Ville de Palma de Mallorca, on démarque les arrivants des pays pauvres de ceux des pays riches, ceux qui sont venus profiter des institutions touristiques et ceux qui sont venus participer à ces institutions en espérant y trouver un revenu suffisant. La ségrégation physique et symbolique est assez importante. « La cohabitation est complexe jusqu‘au point, que sous des prétextes de réhabilitation, des politiques agressives de rénovation urbaines dans la zone de El Sindicat (Sa Gerreria) sont entreprises et que cela provoque l’expulsion de leur logement de la population immigrante, et cela avec l’accord inconditionnel de la population locale. » Malheureusement, dans cet exemple, tous n’ont pas un égal accès à leur place au soleil.

référence: GONZALES PEREZ, Jesus et SOMOZCA MEDINA, José. Territoire et immigration en Espagne, une étude de cas en Palme de Mallorca et Leon, Cybergeo : European Journal of Geography, Espace, Société, Territoire, article 274, mis en ligne le 22 juin 2004, modifié le 22 juin 2007. URL : http://cybergeo.revues.org/2440. Consulté le 04 avril 2011

3 Réponses to “2 types d’immigration en pays catalan”

  1. Marc P. Says:

    La question de l’immigration dans les pays méditerranéens comme l’Espagne, le Portugal et l’Italie est fort intéressante. Comme tu le mentionnes dans ton article, ces pays se retrouvent dans une situation particulière étant donné que pour la première fois depuis longtemps, ils sont des pays d’immigration plutôt que d’émigration.

    En plus de devoir s’adapter à l’arrivée massive d’immigrants en provenance de pays en développement, ils doivent s’ajuster à l’arrivée de
    touristes riches semi-permanents en provenance du nord de l’Europe. Ce dernier type de tourisme est difficile à réglementer en raison de l’ouverture des frontières dans l’Union européenne. Il en est de même pour l’immigration clandestine, qui par définition n’est pas réglementée.

    Évidemment, le racisme et la xénophobie ne sont pas des solutions. Il faudra sans doute que les « locaux » fassent de grands efforts pour s’adapter et permettre aux nouveaux arrivants de s’adapter de leur côté. L’ouverture d’esprit et le respect doivent être fondamentaux pour que le tout se passe dans dans les meilleurs conditions possibles. Il n’y a malheureusement pas de solution miracle, mais il est évident que l’intolérance ne donne jamais rien qui vaille.

  2. alexisbissonnette Says:

    Je trouve ton article très interessant. C’est vrai que l’immigration permet à une nation d’enrichir sa culture. Toutefois, elle cause bien souvent des frictions car elle confronte les valeurs locales à celle des étrangers. Autre fait intéressant, habituellement une nation est en mesure de choisir les immigrants qu’elle laisse entrer à l’intérieur de ses frontières. Cela permet de filtrer les indésirables. Par contre, aujourd’hui des pays comme les USA et aussi l’Espagne sont confrontés au problème de l’immigration illégale. Cette pratique est dangereuse pour ceux qui la pratiquent et mais les autorités du pays dans une situation difficile a gèrer.

    J’ai consulté un article en ligne qui donnent des statistiques intéressantes sur le sujet. Ahmadou Ould Have, coordinateur du Croissant-Rouge mauritanien, affirme qu’ « entre novembre 2005 et aujourd’hui (2006), 1200 à 1300 personnes ont perdu la vie en mer en essayant d’atteindre les Canaries ». Selon lui, environ « 700 à 800 personnes tentent la traversée chaque jour et […] 40% des bateaux qui prennent la mer font naufrage »
    De quoi faire réfléchir…

  3. sana Says:

    il faut tracer une ligne de distinction entre l’immigration clandestine et l’immigration des compétences.

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