gitans catalans: une autonomie sociale

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On a abordé dernièrement la question gitane dans l’article posé sur Web CT, qui rappelait les origines lointaines sud-asiatiques du (ou plutôt des) peuples gitans et proposait quelques notions d’ethnolinguistique. Le sujet m’intéresse beaucoup et j’aimerais amener d’autres dimensions au regard posé sur les populations gitanes catalanes.

 

On parle aisément de la langue et de la musique gitanes, de grand intérêt il va sans dire, mais les questions d’ordre politique ou anthropo- sociologiques ont été évitées dans l’article qui venait de culturcat, probablement pour éviter la controverse. Il faut admettre que les Gitans, un peu partout, attirent la controverse parce qu’il forment une culture différente, aux référents symboliques différents, à un mode de vie et de conception du monde différent. Quelques institutions semblent travailler à la bonne cohabitation des peuples gitans et à la promotion de leur culture, comme la Fondacion Secretario Gitano, impliquée dans quelque mesure sociales respectueuses, encore que la plupart me semblent paternalistes, mais la plupart des politiques sociales visent tristement à effacer ces différences socio-culturelles au nom de l’inclusion, de l’éducation obligatoire et du progrès, une sorte de xénophobie latente et cachée, aux airs d’acculturation, quand elle n’est pas ouvertement raciste (pensons à l’expulsion des Roms de France, il y a quelques mois.)

 

On évalue à 80000 personnes se réclamant d’origine gitane en Catalogne. Leur conditions de vie sont très diverses et il est difficile d’en tracer le portrait sans recourir à des critères comme le niveau d’éducation, le logement, l’emploi, critères qui ne sont pas interprétés de la même façon à l’intérieur de la communaué gitane qu’à l’extérieur.

 

En fait, il semblerait que l’éducation reçue de la famille et de l’entourage soit perçu comme la plus importante, puisqu’elle permet de transmettre les savoir-faire utiles aux modes de vie gitans. Munis de ces perspectives et pris en charge par les leurs, ils forment une population autogestionnée, vivent dans une autonomie sociale qui leur est souvent contestée et qui est criminalisée dans bien des cas, vu qu’elle frôle bien souvent des secteurs informels. « Une question s’impose : l’autonomie qui fait peur, ne serait-elle pas une des reponse gitane la plus adaptee a l’immobilisme des institutions ? » demande Sonia Missaoui, docteure en sociologie, à la fin d’une enquête de terrain.

 

Leur monde à part les met souvent dans une situation « à part » où la discrimination fait des dommages. Un rapport complet sur les formes de discrimination dont sont victimes les gitans est disponible sur le web au http://www.gitanos.org/publicaciones/discriminacion10/

 

Vendredi dernier, le 8 avril, c’était la journée internationale des peuples gitans, au moment où un peu partout les tensions ethniques ressurgissent contre tout respect des inaliénables droits de l’homme.

Sources : Fundacion Secretariado Gitano

MISSAOUI, Sonia (2007) Gitans catalans de part et d’autre de la frontière franco-espagnole, revue d’ethnologie française, http://www.jeunes-et-societes.com/public/archives/2007/J_Missaoui.pdf

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4 Réponses to “gitans catalans: une autonomie sociale”

  1. inaescobar Says:

    Il est vrai que les gitans son reconnu par leur musique et qu’on ne mentionne pas l’excusions a laquelle ils font face. Hier, à Tout le monde en parle, Serge Denoncourt a dit qu’il ne comprenait par pourquoi l’Amérique était aussi indifférente face à «problématique» Roms en Europe. Afin de pouvoir aider les jeunes, Denoncourt a produit un spectacle qui permettrait au jeunes Roms de retrouver une valorisation à leur existence, puisqu’ils sont marginalisés dans les sociétés dans lesquelles ils vivent. Denoncourt a donc monté un spectacle en leur honneur, puis il eut également une collaboration de Nico Archambault dans les chorégraphies. Les jeunes Roms du groupe GRUBB Gypsy Roma Urban Balkan Beats, vont performer cet été lors du Festival international de Jazz de Montréal. (Du 27 juin au 2 juillet). Il s’agit d’un spectacle au son de rythmes modernes de chants tel du rap et du hip-hop en romani, et de la danse gitane, accompagné de rythmes plus traditionnels.

    Pour plus d’infos à ce sujet regarder l’adresse : http://www.montreal.tv/portail/blog/2011/04/gypsy-roma-urban-balkan-beats-grubb-au-festival-de-jazz-de-montreal/

  2. francois1984 Says:

    C’est vrai que leur « monde à part » les expose à la méfiance des gens sédentarisés. Cependant je ne pense pas qu’on puisse qualifier la politique de la France d’ « ouvertement raciste ». Je crois plutôt que c’est une campagne médiatique déstinée a montrer que les promesses électorales sont respectées (Nicolas Sarkozy ayant été élu en partie grâce à ses idées sur l’immigration choisie.)
    De plus les Roms expulsés le sont parce qu’ils sont en situation irrégulière, ce qui n’a rien, à-priori, d’un acte raciste. En outre environ 85% des expulsés bénéficient de « l’aide au retour humanitaire », d’un montant de 300 euros plus 100 euros par enfant.
    Je comprend que cette politique soit plus dérengeante car elle concerne une communauté au complet, mais je crois que ce n’est que la stricte application d’une politique d’immigration qui me semble légitime.

  3. Julie Thibodeau Says:

    Je veux bien que ça soit un stratagème politique, mais c’est une politique qui viole les droits humains fondamentaux, entre autres le droit à la dignité humaine et le droit à ne pas être discriminé sur des motifs ethniques.
    C’est donc ce que j’appelle une politique raciste et intolérante, et selon moi les promesses électorales qui s’opposent à la déclaration des droits de l’homme, ça devrait être illégal.

  4. francois1984 Says:

    Malheureusement, comme dans la plupart des pays (et le Québec ne fait pas exception) tout individu qui séjourne illégalement sur le territoire s’expose à une expulsion.
    Le Québec par exemple suit une politique d’immigration choisie (par pointage) donc par définition discriminatoire. Est-ce à dire que le Québec suit une politique raciste et intolérante?
    Pour revenir sur le cas des Roms, leur situation semble plus complexe à appréhender: et c’est leur mode de vie singulier qui me semble être à l’origine du problème. Vivant à plusieurs au même endroit, l’expulsion concernera donc toute la communauté. A contrario, un «sans papier» n’adoptant pas le même mode de vie (donc vivant seul) attirera moins l’attention des médias.

    Peu importe l’origine ethnique, un immigrant illégal sera traité de la même façon.

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