Le livre contre la matraque

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Valence, 20 février 2012 : des étudiants sont réunis devant l’Institut Lluís Vives. Pourquoi? Pour manifester contre les coupures dans le domaine de l’éducation.

L’élément déclencheur? Le Pays valencien est la région la plus endettée de l’Espagne. Le gouvernement valencien, dont le budget en matière d’éducation a été coupé et recoupé pour lutter contre la crise, n’est pas arrivé à payer ses comptes d’électricité, privant les établissements éducationnels valenciens de chauffage, et ce, en plein hiver.

Les étudiants sont donc devant l’Institut Lluís Vives. Ils manifestent pour une éducation de qualité. Ils brandissent des pancartes et chantent des slogans. Ils font du bruit, soit, mais ils ne font rien de bien mal. Ils sont désarmés. Il n’y a pas de signe d’agressivité chez eux, mais ils bloquent la rue et ça, ça ne passe pas. Mais à quoi peuvent-ils bien penser?!

C’est là qu’intervient l’escouade antiémeute valencienne. Des petits Rambos en devenir et des cowboys nerveux en manque d’action sonnent la charge et foncent dans le tas. Ils tapent sur tout ce qui bouge, même ce qui ne bouge pas.

Les manifestants sont en majorité des adolescents de 12 à 17 ans. Les policiers ne font pas de distinction. Ces demis-hommes s’en prennent à tout le monde : garçons, fillettes et même personnes âgées.

À la suite des événements, Antonio Moreno, chef de police de Valence, a déclaré que les étudiants étaient l’ennemi et que les policiers avaient réagi avec une force absolument justifiée et proportionnée. Malheureusement pour ce monsieur, les actes des policiers ont été filmés et photographiés (voir ci-dessous). Les agents de la paix (ironie) ont été vus en train de frapper des manifestants à coups de matraque au visage, pousser des filles sur des voitures, gifler des jeunes et même tenter de les renverser avec des fourgons de la police.

Ces manifestations étudiantes recoupent les manifestations étudiantes qui ont présentement lieu ici à Montréal et font suite aux manifestations contre la brutalité policière qui ont eu lieu à Madrid il y a quelques jours.

Aujourd’hui, des manifestations contre la violence policière et pour le mouvement estudiantin valencien sont organisées à travers l’Espagne, notamment à Cordoue, Barcelone et à Madrid.

À Valence même, des milliers de gens se sont réunis à la plaza del Ayuntamiento pour protester contre la répression policière et exiger la démission de Paula Sanchez de León, la déléguée du gouvernement à Valence. De plus, 400 étudiants se sont enfermés dans la Faculté de géographie et d’histoire de l’Université de Valence pour exiger la même chose.

 

Dans le vidéo ci-dessous, on aperçoit un policier qui gifle un étudiant qui, en plus d’être pacifique et d’avoir les mains dans les poches, ne le regardait même pas :

 

Dans le vidéo suivant, on peut voir (à 0:09) un policier qui coure derrière deux adolescentes et qui les pousse violemment, tête première, sur une voiture :

 

Ici, il y a plusieurs choses à voir. À 0:56, on voit un Rambo solitaire qui fonce dans la foule et force ses collègues à le suivre. Rambo tape sur tout ce qu’il peut et on voit deux de ses collègues (1:04, à gauche, près de l’entrée du stationnement) frapper à multiples reprises un étudiant désarmé qui tente visiblement de s’en aller. De 1:29 à 1:34, on voit un policier pointer un photographe et 10 autres policiers le menacer, bâtons levés.

 

Dans le vidéo qui suit, on voit plusieurs autres choses troublantes. D’abord, les policiers qui essaient de renverser des manifestants avec des fourgons, s’arrêtant de justesse à leurs pieds (0:30 à 0:40). Le retour de Rambo, de 1:50 à 1:59, l’arrestation d’une adolescente (2:24 à 2:29) et, la cerise sur le sundae, des policiers non identifiés (2:40 à 2:45). Dans cette dernière séquence, on voit très bien que les badges jaunes qui identifient les policiers valenciens ont été retirés pour éviter qu’ils soient identifiés et, par conséquent, éviter qu’ils soient poursuivis pour leurs abus.

 

Dans ce dernier vidéo, on peut voir un policier attaquer des vieilles dames (1:49). De 2:50 à 3:05, on peut aussi entendre la foule crier «ESTAS SON NUESTRAS ARMAS!» («Ce sont nos armes», faisant référence à leurs mains vides, paumes ouvertes, qu’ils brandissent dans les airs pour démontrer le rapport inégal de force). À partir de 4:08, on peut entendre des filles chanter «esto es una dictadura y lo sabéis» («c’est une dictature et vous le savez»).

 

-Maxime Paquin

 

Sources :

http://www.rtve.es/noticias/20120221/miles-estudiantes-se-manifiestan-pacificamente-valencia-libros-alto/499937.shtml

http://www.rtve.es/noticias/20120221/ministro-del-interior-reconoce-pudo-haber-algun-exceso-policial-valencia/499820.shtml

http://www.telecinco.es/informativos/sociedad/estudiantes-manifiestan-Barcelona-incidentes-Valencia_0_1563444236.html

http://www.marxist.com/valencia-police-brutality.htm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/02/20/espagne-violences-lors-d-une-manifestation-contre-la-rigueur-a-valence_1646086_3214.html

http://roarmag.org/2012/02/spain-valencia-students-protest-brutality-violence/

http://www.bbc.co.uk/news/world-europe-17112779

http://www.digitaljournal.com/article/319969

http://www.dailytelegraph.com.au/news/breaking-news/riot-police-beat-students-in-protest/story-e6freuyi-1226276900596

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Une Réponse to “Le livre contre la matraque”

  1. maximepaquin Says:

    Mise à jour :

    Des manifestations ont aussi lieu à Alicante, Vigo et Santiago. Des milliers de personnes se mobilisent à travers l’Espagne pour démontrer leur solidarité avec les étudiants valenciens.

    De plus, la déléguée du gouvernement à Valence, Paula Sánchez, affirme ne pas avoir l’intention de démissionner. Dans le même entretien, elle a déclaré que les jeunes détenus ont été relâchés, mais qu’ils seront poursuivis, comme prévu.

    Amnistie internationale a déclaré appuyer le mouvement estudiantin.

    La séquence suivante est intéressante (2:29 à 2:47), car on y voit un étudiant qui montre le manuel d’éthique que doivent suivre les policiers et il dit qu’il « est curieux que des élèves de l’institut doivent donner aux policiers des leçons de démocratie, de justice et de liberté ». Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=5xxjGYpTnq0&t=2m29s

    Sur les médias sociaux, les hashtags #PrimaveraValenciana et #IESLLuísVives sont de plus en plus populaires. On commence à parler de « printemps valencien » (en référence au printemps arabe).

    Finalement, des musiciens valenciens appellent les musiciens de tout horizon à jouer la pièce « Mater mea » comme forme de protestation contre la répression policière.

    Sources :

    http://www.lasprovincias.es/20120221/comunitatvalenciana/provincia_alicante/protesta-primavera-201202210922.html

    http://ccaa.elpais.com/ccaa/2012/02/21/galicia/1329852833_919760.html

    https://twitter.com/#!/search/%23PrimaveraValenciana

    http://primaveravalenciana.com/

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