Elles et moi, La Guerre d’Espagne et la vision de trois femmes

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En janvier 1939, Barcelone tombe face à la dictature espagnole. Plus de 500 000 exilés quittent l’Espagne et passent la frontière française. Les hommes sont désarmés et envoyés dans des camps où les conditions de vie sont souvent pénibles en raison du manque de moyens et de ressources. Les familles sont envoyées un peu partout où elles tentent de survivre dans un climat difficile.

Le téléfilm Elles et moi produit en 2008 par Bernard Stora suit le destin de la famille Esteva. Le mari Lluís, est envoyé au camp de concentration d’Argelès-sur-Mer. La mère, Pilar, demeure avec ses deux enfants Isabel et Ignacio dans un village français où elle réussit à trouver un emploi auprès d’une famille aisée des environs.

 L’histoire est celle de la jeune fille, Isabel, qui raconte son exil et les mois qui le suivirent. En parallèle à ce personnage, on retrouve les voix de deux autres femmes, celle de la mère et de la grand-mère. Toutes ont leur mot à dire, certaines avec une certaine pointe d’humour, d’autres avec plus de pessimisme. L’idée est donc de dresser un portrait de ces années, de l’exil, de l’espoir d’un retour; d’un retour au pays, mais aussi d’un retour à la démocratie. Et aussi du choc des cultures, du déracinement et du manque de ressources. Si l’histoire est majoritairement campée dans les années de l’exil, on revient souvent au premier cadre de narration, celui d’Isabel devenue âgée, présentant sa dernière collection de mode au grand public, entourée de ses femmes-fantômes. Les créations de la femme devenue grande couturière servent d’éléments déclencheurs aux souvenirs. Cette intrusion dans le monde de la mode peut paraître parfois déconnectée de la situation dramatique du reste de l’histoire, mais ajoute néanmoins une actualisation du récit en plus d’agrémenter le film d’un côté «spectacle». Le récit est bien présenté, la narration surprend et les acteurs sont doués. Le contexte géographique de la fiction permet une image magnifique, baignée du soleil du sud de la France. Et les costumes, dignes de cette Isabel devenue designer de mode, sont sublimes.  

 Elles et moi réussit donc à faire passer son message, à amener une réflexion sérieuse, sans pour autant laisser le spectateur tomber dans un sentiment de tristesse et d’impuissance, tout cela dû au merveilleux sens de l’humour des personnages. Un film donc, que je recommande pour se faire une idée visuelle de l’époque et de ces événements qui ont touché tant de gens et pour découvrir ou redécouvrir des acteurs fort prometteurs.

Janie Deschênes

 

Sources : www.wikipedia.org , www.teleobs.nouvelobs.com et www.commeaucinema.com

 

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