Critique de L’ombre du vent

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« Chaque livre a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui. »

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Cette citation est tirée d’un roman catalan que j’ai lu récemment, La sombra del viento, titre original espagnol. Bien que le livre fût d’abord rédigé en castillan, il dégage assurément une  essence catalane. De ce fait, son auteur, Carlos Ruiz Zafón est lui-même d’origine catalane. Il est né en 1964 à Barcelone. Cependant, il vit désormais à Los Angeles où il écrit des scénarios de films. L’ombre du vent constitue son quatrième roman. Depuis sa publication en 2001, cinq autres romans s’en sont suivis. Ses œuvres furent traduites en plus de 40 langues en plus d’avoir remporté de nombreux prix littéraires internationaux tout au long de sa carrière. Toutefois,  L’ombre du vent demeure son plus grand succès puisqu’il fut vendu à plus de 12 millions d’exemplaires parmi 50 pays.

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En réalité, ce livre représente une véritable ode à la littérature. À travers son livre, Carlos Ruiz Zafón dépeint Barcelone à l’époque de la fin de la guerre civile espagnole et du début du franquisme. Il y fait d’ailleurs allusion à quelques reprises. Ainsi, un matin de 1945, un libraire veuf décide de dévoiler à son jeune fils de 10 ans le cimetière des livres perdus, une bibliothèque labyrinthique de livres oubliés et depuis longtemps disparus. Daniel Sampere, le narrateur de l’histoire, est autorisé, selon une tradition familiale, à choisir un des nombreux livres et d’y redonner une certaine âme. D’où vient la citation précédente : « Chaque livre a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui. » Il adopte alors le livre L’ombre du vent de l’auteur inexplicablement disparu Julian Carax. C’est ainsi que s’entame une éternelle passion pour ce roman et une longue enquête quant à l’identité de cet auteur. Puis, plus les années avanceront, plus son livre sera source de conflit et de malheur puisque sa popularité fera l’envie de plusieurs antagonistes. D’ailleurs, un homme mystérieux, Coubert, tentera de le dépouiller de ce livre afin de compléter sa quête de brûler les moindres œuvres de Carax. Somme toute, Daniel sera marqué par des rebondissements caractérisés par des amours déchus et d’un imaginaire perturbant.

L’époque et l’univers dans lequel le personnage de Daniel Sampere se retrouve évoquent sans aucun doute des aspects catalans. Carlos Ruiz Zafón dresse un portrait sombre et gothique de Barcelone qui a été détruite par les bombardements durant la guerre d’Espagne survenue entre 1936 et 1939. La reconstruction de la ville s’effectue à travers le courant de l’art gothique qui s’est manifesté dès la seconde moitié du 19e siècle. Ainsi, l’auteur décrit les périples du jeune homme à travers de décors médiévaux. Plusieurs éléments architecturaux sont énoncés au cours du roman. Par exemple, la Plaza de San Felipe Neri ou même le Puente del Obispo, reconstruits à cette époque. Enfin, tous ces éléments architecturaux contextualisent l’univers du roman.

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L’ombre du vent présente des personnages tourmentés par la découverte du fameux livre de Julian Carax. Il s’agit d’un mystère littéraire qui m’a séduit dès les premières pages. En complémentaire à la lecture, il existe une bande sonore qui remémore merveilleusement les divers passages du roman. De plus, l’auteur propose un guide littéraire Promenades dans la Barcelone de l’ombre du vent, qui transporte le lecteur, à présent voyageur, dans une épopée à travers les rues de Barcelone. Le lecteur est invité à retracer le parcours de Daniel, tel que décrit dans son roman L’ombre du vent. Des détails historiques et touristiques y sont annotés en plus de photos et d’extraits du livre. Ce livre s’avère un peu moins conventionnel qu’un guide touristique traditionnel mais en demeure pas moins un essentiel quant à la découverte de Barcelone. Il permet indubitablement de prolonger le plaisir de la lecture de ce fabuleux roman qu’est L’ombre du vent.  

SOURCES :

http://www.carlosruizzafon.co.uk/index.html

RUIZ ZAFON, Carlos (2002), L’ombre du vent, Pocket, 668 pages.

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