De La Justification de l’État Espagnol

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La question référendaire catalane relève d’une prémisse injustifiée; le fait que la Catalogne est une région espagnole. Injustifiée parce que les Catalans n’ont jamais eu le choix. Un État est une construction sociale, une rationalisation qui doit servir les intérêts de tous alors que l’État espagnole s’est formé en annexant la Catalogne par la force des armes pendant la guerre de succession et encore une fois pendant la guerre civile. Encore aujourd’hui, L’état espagnol revendique que la Generalitat catalane ne peut pas se prononcer contre la fédération, ou même s’en dissocier. Qu’elle n’a pas ce pouvoir.

La question reste celle de l’État espagnol lui-même. S’il ne laisse pas au peuple catalan la liberté de décider de son État, sur quelle base justifie-t-elle la fédération Espagnole? Un État ne saurait être simplement justifié par les armes, et c’est pourtant ce qui a formé l’Espagne moderne. Si L’État espagnole ne donne pas la possibilité à son peuple de choisir, c’est encore une justification par les armes. Un tel État n’est pas sain.

Et l’Espagne continue avec la même mentalité que pendant le franquisme. Si au Québec on s’était écrié à l’injustice devant la loi anti-manifestation de Jean Charest, elle n’était rien face à ce que le gouvernement de Mariano Rajoy a fait voté comme loi. Les délits lors des manifestations deviennent maintenant criminels, c’est-à-dire punit par l’emprisonnement, Ainsi que tout acte de résistance ou encore, d’appel au désordre (ainsi, déclarer une manifestation sur les réseaux sociaux devient un acte criminel). Ce gouvernement continue avec la même vision d’une Espagne autoritaire, basée sur sa force armée – c’est-à-croire que la liberté n’est pas nécessaire pour cet État.

Ainsi, le prochain référendum au sujet de l’avenir de la Catalogne est très important pour le maintient de la fédération Espagnole. Si les Catalans réclament leur indépendance et que l’Espagne leur refuse, cela provoquera une crise au sein même de la réflexion sur les justifications de l’État. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que Stéphane Dion revient d’une tournée de conférence sur la gloire du fédéralisme et à quel point il fallait utiliser la « situation québécoise » comme indice qu’un tel référendum peut engendrer une crise dans un gouvernement. Pour l’ancien chef du parti libéral, l’État Espagnol n’a pas à se défaire de la Catalogne même si cette-dernière le réclame.

Dion a en effet proposé que l’Espagne se justifie donc anti-démocratiquement. Bien joué Stéphane.
Sur ce, je vous laisse avec Guernica.

Picasso démontre ici les horreurs de la guerre civile espagnole. Cette toile peut maintenant être perçue comme une scène originaire de l'État Espagnol moderne.

Picasso démontre ici les horreurs de la guerre civile espagnole. Cette toile peut maintenant être perçue comme une scène originaire de l’État Espagnol moderne.

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