Archive for the ‘politique’ Category

De La Justification de l’État Espagnol

avril 17, 2014

La question référendaire catalane relève d’une prémisse injustifiée; le fait que la Catalogne est une région espagnole. Injustifiée parce que les Catalans n’ont jamais eu le choix. Un État est une construction sociale, une rationalisation qui doit servir les intérêts de tous alors que l’État espagnole s’est formé en annexant la Catalogne par la force des armes pendant la guerre de succession et encore une fois pendant la guerre civile. Encore aujourd’hui, L’état espagnol revendique que la Generalitat catalane ne peut pas se prononcer contre la fédération, ou même s’en dissocier. Qu’elle n’a pas ce pouvoir.

La question reste celle de l’État espagnol lui-même. S’il ne laisse pas au peuple catalan la liberté de décider de son État, sur quelle base justifie-t-elle la fédération Espagnole? Un État ne saurait être simplement justifié par les armes, et c’est pourtant ce qui a formé l’Espagne moderne. Si L’État espagnole ne donne pas la possibilité à son peuple de choisir, c’est encore une justification par les armes. Un tel État n’est pas sain.

Et l’Espagne continue avec la même mentalité que pendant le franquisme. Si au Québec on s’était écrié à l’injustice devant la loi anti-manifestation de Jean Charest, elle n’était rien face à ce que le gouvernement de Mariano Rajoy a fait voté comme loi. Les délits lors des manifestations deviennent maintenant criminels, c’est-à-dire punit par l’emprisonnement, Ainsi que tout acte de résistance ou encore, d’appel au désordre (ainsi, déclarer une manifestation sur les réseaux sociaux devient un acte criminel). Ce gouvernement continue avec la même vision d’une Espagne autoritaire, basée sur sa force armée – c’est-à-croire que la liberté n’est pas nécessaire pour cet État.

Ainsi, le prochain référendum au sujet de l’avenir de la Catalogne est très important pour le maintient de la fédération Espagnole. Si les Catalans réclament leur indépendance et que l’Espagne leur refuse, cela provoquera une crise au sein même de la réflexion sur les justifications de l’État. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que Stéphane Dion revient d’une tournée de conférence sur la gloire du fédéralisme et à quel point il fallait utiliser la « situation québécoise » comme indice qu’un tel référendum peut engendrer une crise dans un gouvernement. Pour l’ancien chef du parti libéral, l’État Espagnol n’a pas à se défaire de la Catalogne même si cette-dernière le réclame.

Dion a en effet proposé que l’Espagne se justifie donc anti-démocratiquement. Bien joué Stéphane.
Sur ce, je vous laisse avec Guernica.

Picasso démontre ici les horreurs de la guerre civile espagnole. Cette toile peut maintenant être perçue comme une scène originaire de l'État Espagnol moderne.

Picasso démontre ici les horreurs de la guerre civile espagnole. Cette toile peut maintenant être perçue comme une scène originaire de l’État Espagnol moderne.

Les gitans de Perpignan, gardiens du catalan en France

mars 12, 2014

Les gitans représentent presque 10% de la population de Perpignan, en Catalogne nord, que l’on l’appelle Roussillon en France. Ils se sont sédentarisés il y a cinq siècles mais forment toujours une communauté distincte, au quartier Saint-Jacques. Leur situation est des plus compliquées car ils refusent de se conformer aux lois françaises et leurs mode de vie marginal inquiète les habitants de la ville et les autorités. 80% d’entre eux vivent du RMI, le BS français, et ils battent les records d’analphabétisme.

Cependant, ils sont aujourd’hui les gardiens du catalans en France. Ils sont parmi les derniers citoyens de l’hexagone à l’utiliser comme langue quotidienne. Pourraient-ils sauver le catalan en France ? Comment valoriser leur culture bilingue et en faire un pont culturel entre la Catalogne et la France ? Pourrait-on les sortir de leur ghetto et en faire des ambassadeurs catalans ?

Machiavel transforme en mythe César Borgia, Le Prince.

mars 11, 2014

Peut-être une différente vision de César Borgia et du mythe autour de sa personne…

Avec sa venue au Vatican, la famille Borgia,  contribue à la diffusion de la langue catalane. En effet, cette famille d’origine catalane se compose de personnages dont les légendes, leur faisant peu louanges, les entourant seront rependues dans toute l’Europe, et résonnent encore de nos jours. Des actes belliqueux et sinistres forgeront la notoriété et renommée de cette famille catalane, dont le chef, futur pape Alexandre VI sera comparé à l’antéchrist, et où la relation entre ses enfants sera dite inceste. Bref, empoissonnement, assassinat seront des recours fréquemment utilisés par la famille pour assurer leur ascension au pouvoir. Le fils du pape, César Borgia aussi appeler le duc de Valentinois, aura une réputation le qualifiant de cruel, assassin, inceste, d’injuste, de corrompu et où ladite nature de ces actes violents, quelques fois romancés, en font un imposant personnage politique de la Renaissance italienne. Or, Nicolas Machiavel, penseur italien de cette époque, en fait plutôt l’éloge que la critique, dans son traité politique Le Prince.

Le Prince, destiné au Prince Laurent de Médicis (grand-père de Catherine de Médicis, nom que vous reconnaissez fort probablement, dues à l’implication de cette reine dans les guerres de religion et son omniprésence au cours XVIe siècle…), est une œuvre d’une importance monumentale qui révolutionnera et redéfinira l’essence de la politique, en lui conférant son autonomie de la morale. Machiavel réduisant «la politique à l’effort du pouvoir» [Veyne, 1979], rend compte de concepts et méthodes servant au Prince pour acquérir et demeurer au pouvoir, ce dernier devant être aimé, mais crains à la fois.

Machiavel et la famille Borgia coexisteront au cours des mêmes années et il est dit que ce premier ressentit un profond dédain envers la personne de César Borgia qu’il a côtoyé. Or, dans Le Prince, «il finit par transformer en mythe cet homme qu’il haïssait» [Veyne 1979, 448] il le présente dans son ouvrage comme un des exemples à suivre pour les princes à en devenir. Il justifie ses actes cruels, car ces derniers ont permis l’union et la remise sur pied de la Romagne [Machiavel, 1980]. «Le prince, ne soit doit point soucier d’avoir le mauvais renom de cruauté pour tenir tous ses sujets en union et obéissance» [Machiavel 1980, 103].

Brièvement, Machiavel invoque les qualités du renard (ruse, soit qui comprend la politique) et du lion (force physique, soit pour mener à terme et assurer cette politique) comme étant primordial à la gouvernance du Prince. On reconnait ses dernières chez César Borgia. Encore, il mentionne que l’acquisition du pouvoir peut se faire par la sa propre force et la virtù (capacité de conserver le pouvoir et affronter la fortuna), ou par la force d’autrui et la fortuna (contingence de l’histoire). Ainsi, le Prince qui acquit le pouvoir par cette première méthode, et donc, dépendant moins de la fortuna aurait moins de difficulté à se maintenir au pouvoir [Machiavel 1980, 57]. Or, le Prince qui acquiert le pouvoir par cette deuxième méthode, tel que César Borgia a «moins de peine à devenir Prince, mais beaucoup à le demeurer» [Machiavel 1980, 60] puisqu’ils dépendent de la force et fortuna de «ce qui les a faits grands» [Machiavel 1980, 61]. Ainsi, c’est grâce à la fortune (force et fortuna) de son père que Borgia devient Prince. Or, Machiavel affirme que ce Prince parvint par sa grande virtù à mettre en œuvre les moyens pour conserver son pouvoir, pour contourner la fortuna. La chute de Borgia, à la suite de la mort de son père, est due à un concours de circonstances, ou comme Machiavel mentionne à une «extraordinaire et extrême malignité de fortune » [Machiavel 1980, 62], qui ne profitèrent pas aux entreprises du Prince qui perdit ses pouvoirs non pas par ses actions, par sa responsabilité. Bref, le portrait que hisse Machiavel de Borgia donne une différente optique des actes de ces derniers et les justifient.

«Il me semble qu’il [César Borgia] faut le proposer pour exemple à tous ceux qui par fortune ou avec les armes d’autrui sont parvenus au grand pouvoir. Car ayant le cœur grand et l’intention haute, il ne se pouvait comporter autrement, et seules s’opposèrent à ses desseins la courte vie d’Alexandre et sa propre maladie. Qui donc veut, en sa nouvelle principauté, s’assurer de ses ennemis, s’attacher à des amis, vaincre ou par force ou par ruse, se veut faire aimer ou craindre du peuple, être suivi et respecté des soldats, ruiner ceux qui nous peuvent ou doivent nuire […] être rigoureux et bienveillant, magnanime et libéral, éteindre une milice infidèle, en créer une nouvelle, se maintenir en amitié des rois et des princes, en sorte qu’ils soient portés à le servir et qu’ils regardent à lui nuire, celui-là ne peut choisir plus frais exemple que la conduite du duc de Valentinois.»

-Nicolas Machiavel, Le Prince (1980, 68).

par Alexandra Salinas

César Borgia en noir à gauche. Nicolas Machiavel en noir au centre.

César Borgia en noir à gauche. Nicolas Machiavel en noir au centre.

Source: Machiavel, Nicolas. 1980. Le Prince. Paris : Gallimard. (Préface de Paul Veyne)

Source image: http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f3/Cesare_borgia-Machiavelli-Corella.jpg

 

 

LAPAO ou Catalan?

janvier 21, 2014

Depuis le printemps passé, la dénomination officielle du catalan vient de changer dans la communauté autonome de l’Aragon en Espagne. Il s’agit de la Lengua Aragonesa Propia del Aragón Oriental (Langue aragonaise propre de l’Aragon oriental), maintenant mieux connue sous l’acronyme LAPAO, qui sert à désigner la langue catalane parlée dans la Franja del Ponent. Ce sont les Cortes Aragonaises avec l’appui du Parti Populaire et du Parti Aragonais qui ont approuvé cette réforme de la loi sur les langues d’Aragon.

Cette nouvelle loi est loin de faire l’unanimité puisqu’elle évite de nommer clairement la langue catalane dans un texte de loi officiel sur les langues de la communauté de l’Aragon. La même situation s’est produite dans le cas de la dénomination de l’Aragonais, une langue locale maintenant minoritaire surtout parlée dans le nord de la communauté. L’opposition dans les Cortes qualifie de ridicule ces changements qui touchent 60 000 catalanophones et 6000 personnes de langue aragonaise. Les détracteurs de la réforme disent que cela va minimiser l’importance du catalan en Aragon et pourrait poser des problèmes de reconnaissance de la langue en ce qui concerne la constitution ou les lois linguistiques européennes. On craint aussi un effet de marginalisation du catalan et de l’aragonais qui risque de porter atteinte à la conservation de ces langues minoritaires dans cette communauté autonome.

Devant cette grogne, José Ignacio Wert, le très critiqué Ministre de l’Éducation de l’Espagne pour sa réforme de l’éducation qui selon plusieurs attaque l’immersion linguistique catalane dans les écoles de Catalogne, a voulu remettre les pendules à l’heure. Dans la Franja del Ponent, on parle bien le catalan.

Sur une note plus humoristique, certains ont décidé de se moquer de cette nouvelle dénomination notamment sur internet en publiant certaines images comme celles-ci. On s’est même réjoui que 300 000 personnes en Chine parlent déjà le LAPAO. Effectivement, un dialecte asiatique parlé en Chine et au Myanmar se nomme lapao.

Philippe Girard-Marcil

lapao «J'ordonne que le catalan s'appelle LAPAO»

 
«J’ordonne que le catalan s’appelle LAPAO»

Sources:http://www.lavanguardia.com/politica/20130624/54376234713/lapao-ya-oficial.html

http://www.lavanguardia.com/politica/20130614/54375965476/wert-lapao-nada.html

http://politica.elpais.com/politica/2013/05/09/actualidad/1368082767_046979.html

http://politica.elpais.com/politica/2013/05/10/actualidad/1368201496_955375.html

“L’Espagne a besoin de la Catalogne pour sortir de la crise” – Montoro

avril 3, 2013

Cette semaine, le président espagnol, Mariano Rajoy, convoqua la direction du Partido Popular pour la première fois depuis neufs mois, et annonça, ce qui semble être le début de la fin de cette crise, avec la création d’emplois en 2014. La crise mondiale qui touche fortement l’Espagne depuis l’effondrement de la bourse en 2008 fit monter le taux de chômage à 18,9% en août 2009 puis à 21,2% deux ans plus tard. À titre de référence, selon l’OCDE, un taux de chômage considéré comme normal se situe entre 5% et 10%. Par rapport à la Catalogne, le ministre de la Hacienda Cristobal Montoro, justifia la hausse de la limite de déficit de certaines régions autonomes, par le fait qu’elles n’ont pas toujours accès à des marchés qui les aident à financer leur état mais surtout afin qu’elles puissent garantir les services à leurs population. Par contre, le ministre dit que l’Espagne a besoin de la Catalogne mais aussi de toutes les autres autonomies de la péninsule ibérique afin de sortir de cette crise. Il prône ainsi l’unité économique des autonomies et du gouvernement central espagnol dans cette lutte contre la crise, “que tous dépendent de tous”. Un aspect qui, malgré tout, ne fait pas toujours biens des heureux en Catalogne…

Voici l’article dans le journal El periodico sur le sujet: http://elperiodico.com/es/noticias/politica/montoro-espana-necesita-catalunya-para-salir-crisis-2354903

 

 

Sources

http://www.oecd.org/employment/emp/38749309.pdf

http://elperiodico.com/es/noticias/politica/rajoy-objetivo-del-gobierno-crecer-crear-empleo-2355114

http://epp.eurostat.ec.europa.eu/portal/page/portal/eurostat/home/

 

14 d’abril: Macià contra Companys

mars 26, 2013

Après avoir parlé en classe de deux des présidents de la Generalitat qui se sont suivis dans la période mouvementée des années 30, Francesc Macià et Lluís Companys, j’ai voulu en savoir plus sur l’éphémère République catalane qui a été proclamée entre le 14 et le 17 avril 1931. En faisant un tour à la Médiathèque d’Études catalanes, j’y ai trouvé le film « 14 d’abril: Macià contra Companys » de Manuel Huerga, que je vous invite fortement à louer si vous désirez en apprendre davantage sur les trois jours où la Catalogne a été une République souveraine.

Ce que j’ai trouvé intéressant du film, c’est qu’il a été tourné sous forme de documentaire fictif, où plusieurs personnages importants de l’histoire de la Catalogne à ce moment parlent à la première personne à la caméra et livrent leur témoignage et leurs impressions sur les évènements passés entre le 14 et le 17 avril 1931 (parmi eux, Francesc Macià, Lluís Companys, le chef de la Ligue Régionaliste Francesc Cambó, le journaliste Josep Maria Planes, l’écrivain Josep Pla, l’ancien roi d’Espagne Alfons de Borbó, le Président de la République espagnole Niceto Alcalà-Zamora, les dirigents d’Estat Català et de l’ERC Jaume Ayguadé, Ventura Gassol, Joan Casanellas, Joan Casanovas, le Capitaine Général de Catalogne Eduardo López Ochoa, etc.). Ces témoignages sont entrecoupés par une reconstitution chronologique qui nous montre l’évolution de la situation catalane du mois de mars au 17 avril 1931, révélant la rapidité avec laquelle se sont enchaînés les évènements. La fiction dicumentaire nous transporte ainsi à la Conférence d’« Esquerres » où fut fondé l’ « Esquerra Republicana de Catalunya » en mars 1931, au discours de Companys dans lequel il proclame la République le 14 avril, à la proclamation de la République catalane par Macià la même journée, à différentes rencontres stratégiques entre hommes politiques pendant ces jours effervescents, à certaines conversations téléphoniques entre Barcelone et Madrid, et finalement, à l’annonce publique de l’accord entre Madrid et la Catalogne et du passage de la République catalane à la Generalitat.

À mes yeux, le visionnement de ce film est un excellent complément au cours et permet de mieux comprendre l’esprit qui régnait en Catalogne au mois d’avril 1931, c’est pourquoi je vous invite à le louer vous aussi et à me donner vos commentaires, il me fera plaisir de discuter du film à nouveau avec vous!

75 ans déjà

mars 20, 2013

Du 16 au 18 mars 1938, dans le cadre de l’appui de l’Italie à Franco dans sa lutte contre le gouvernement républicain, les avions du corps expéditionnaire italien bombardèrent Barcelone.

Durant cette attaque aérienne, environ 50 tonnes de bombes furent larguées et cela tout au long de 17 attaques consécutives. Causant environ mille morts et plus de mille blessés, cette initiative du croiseur italien Eugenio di Savoia avaient pour but d’impressionner Hitler suite à la fin de l’Anschluss le 12 du même mois par le régime national-socialiste allemand. Mussolini voulant démontrer la puissance de son règne aux Allemands, envoya donc l’aviation légionnaire italienne attaquer Barcelone. Finalement, après un court moment de répits, l’atmosphère de panique atteignit son faîte au sein de Barcelone, un massacre avait eu lieu. Un camion militaire transportant des explosifs au centre de la ville explosa suite à une de ces raids aériens. Conséquemment, les habitants démoralisés prirent conscience qu’ils avaient perdu cette guerre.

   imgres       Drapeau de la Catalogne

Tous les faits historiques ici présents sont tirés de http://www.ilpost.it/2013/03/17/quando-gli-italiani-bombardarono-barcellona/ prevenant de http://www.micciacorta.it/home/naviga-tra-le-categorie/14-storia-a-memoria/11160-barcellona-1938-cosi-la-morte-arrivo-dal-cielo-la-strage-che-pesa-sugli-italiani-.html

Source d’appoint: http://fr.wikipedia.org/wiki/Bombardements_de_Barcelone

Camille Plante-Vachon

Andreu Nin i Perez, le communiste catalan

mars 13, 2012

Andreu Nin i Perez est né le 4 février 1892 à El Vendrell à Tarragone. Fils d’un cordonnier et d’une paysanne catalane, il a grandis dans une famille impécunieuse. Malgré le manque d’argent, sa famille s’est sacrifiée énormément pour son éducation et ce qui lui a permis d’entreprendre des études dans un Collège d’enseignement à Tarragone. C’est ainsi qu’une fois les études complétées, il prit route pour Barcelone pour enseigner et il arriva à la capitale de la Catalogne juste au moment où de grands changements sociaux et culturelles s’entreprirent vers la fin de la Belle Époque et le début de la Première Guerre Mondiale.

La neutralité de l’état espagnol durant la Première Guerre Mondiale a permis à la Catalogne de s’accroître industriellement et ceci même après les pertes coloniales de Cuba et des Philippines en 1898. Cela dit, un mouvement social important des classes ouvrières s’est développé dans les villes avec l’arrivée sans cesse des immigrants travailleurs provenant des campagnes et l’un d’entre eux est Andreu Nin i Perez. Tout comme la plupart des jeunes contribuables dans ces années de prospérités industrielles en Catalogne, Andreu Nin faisait allusion et supportait les mouvements gauches nationalistes qui assuraient les biens des classes travailleurs alors que l’état se concentrait sur les bourgeois. Courageux et déterminé, il quitte son poste d’enseignement peu après son arrivée à Barcelone et il se joint à la cause révolutionnaire gauche à Barcelone où avec ses talents oratoires et de ses connaissances en histoire, il devient journaliste et orateur pour enfin travailler pour la C.N.T. (Confederacíon Nacional del Trabajo) dans les années qui ont suivi 1917.

Andreu Nin i Perez est aujourd’hui connu pas simplement pour son travail au sein de la C.N.T., mais pour ses intérêts syndicalistes auxquelles il va entreprendre des démarches pour apporter des idéologies communistes et trotskistes en Catalogne à partir de ce qu’il va apprendre de la révolution soviétique et de son Armée Rouge. En effet, en 1921, alors agé de 29 ans, Andreu Nin part pour Moscou pour représenter la délégation Espagnole dans la 3e conférence de l’Internationale Communiste et dans la célébration de la fondation de l’Internationale Syndicale Rouge (ISR), une organisation syndicaliste qui cheminait parallèlement avec l’Internationale Communiste. Son séjour dans le pays rouge dure 9 ans et il retourne à son Catalogne natal en octobre 1930. Durant ces 9 ans, il a connu des développements personnels significatifs. Il travaillait dans le secrétariat de l’ISR. Cependant, dû à des conflits internes au sein de l’organisation russe et au déclin de la Partie Communiste de l’Espagne à partir de 1925, Andreu Nin décide de prendre parti une fois de plus dans la révolution catalane. Avec la fin de la dictature de Primo de Rivera, la première république catalane depuis le 11 septembre 1714 était en vue de se former, mais Andreu Nin confronte à des difficultés de réintégration au mouvement évolutionniste à son arrivée à Barcelone. Ensuite, il n’avait aucune rentabilité financière. Alors, en étant un grand savant de la littérature russe, il décide de traduire les œuvres évolutionniste de Léon Trotsky en catalan qui lui porte fruit peu à peu financièrement. Ces idéologies basées sur le Marxisme de Léon Trotsky sont en fait très importants pour lui. Léon Trotsky était un comrade proche d’Andreu Nin et ils se correspondaient souvent au sujet du mouvement communiste en Espagne. En réalité, comme mentionné au-dessus, la Partie Communiste de l’Espagne n’exerçait aucun pouvoir dans cette époque. Elle ne portait aucune influence politique dans les mouvements populaires catalans et elle était plutôt inexistante avec les dirigeants emprisonnés. Cela ne suffisait pas à Andreu Nin.

Durant plusieurs années, Andreu Nin travaillait dans la traduction des œuvres classiques russes en Catalan et Il contribuait dans une petite organisation communiste nommée le Gauche Communiste. Mais son succès en étant un militant révolutionnaire commence seulement après la grève générale en octobre 1934 lorsqu’il va fonder avec son compatriote Joaquín Maurín la partie politique P.O.U.M (Partido Obrero de Unificacíon Marxista ou Parti Ouvrier d’Unification Marxiste). Suite au défait des ouvriers durant la grève générale, Andreu Nin réalise que le mouvement révolutionnaire manquait des dirigeants qui pouvaient amener les gens dans la bonne voie afin de triompher. Alors, il utilise tout son temps à la formation d’un groupe de meneurs et c’est ainsi que P.O.U.M commence ses activités politiques le 29 septembre 1935 en Catalogne. P.O.U.M va même participer à la guerre civile espagnole contre les anarchistes et surtout les fascistes franquistes et à une semaine d’affrontements militaires entre les forces au pouvoir en mai 1937 entre différent parties populaires de l’époque dont le PSUC et la CNT. L’écrivain américain George Orwell va aussi se joindre à Andreu Nin à sa cause et à P.O.U.M.

Les évènements de mai 1937 ont mis fin à la vie d’Andreu Nin i Perez. Il fut capturé par la police et ensuite torturé et assassiné le 20 mai 1937 à Alcalá de Henares, mais sa partie politique va continuer exister jusqu’en 1980. Bref, Andreu Nin i Perez a réussi à devenir le leader le plus connu des mouvements communistes en Catalogne avec ces idéologies et expériences qu’il apporta de la révolution soviétique. Aujourd’hui, la Catalogne se souvient encore de lui et on retrouve une plaque commémorative à son nom sur les Ramblas de Barcelone, tout près de la Plaça Catalunya.

Yi Ran Weng

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Sources: http://www.fundanin.org/solano29.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Andreu_Nin

Vague de manifestations monstres

février 29, 2012

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Vous vous souvenez des événements du 20 février 2012? Les étudiants valenciens manifestaient contre les coupures budgétaires dans le domaine de l’éducation lorsque la police était intervenue et avait brutalisé les étudiants, dont la majorité était des mineurs.

Aujourd’hui, 29 février 2012, une nouvelle manifestation a eu lieu à Valence. Des milliers d’étudiants sont descendus dans la rue pour manifester contre les coupures et contre la brutalité policière. Ils réclament « une éducation publique et de qualité ». Il est important de préciser que les étudiants avaient le support et la compagnie d’une multitude de groupes tels que des syndicats d’étudiants (Acontracorrent, Bloc d’Estudiants Agermanats, Sindicat d’Estudiants dels Països Catalans, Federació Valenciana d’Estudiants et plusieurs autres) et de l’Association des parents d’étudiants de Valence (FAPA). Au total, plus de 40 000 personnes se sont mobilisées.

À Barcelone, la même chose s’est produite. Toutefois, ce sont plutôt 70 000 personnes qui se sont mobilisées. Ils manifestaient pour des raisons similaires, notamment pour un plus grand accès à l’université, pour une éducation de qualité, contre la privatisation et contre les coupures.

Un groupe, la Plateforme unitaire pour la défense de l’université publique (Plataforma Unitària en Defensa de la Universitat Pública – PUDUP) est même allé jusqu’à entrer dans les locaux de la chaîne SER et interrompre l’émission Fora de Joc, pour lire un manifeste en direct. D’autres manifestants sont entrés massivement à l’intérieur du rectorat de l’Université de Barcelone pour l’occuper.

Dans leur manifeste, les membres de PUDUP réclament une éducation accessible et de qualité, dénoncent le manque de transparence de la gestion de l’éducation et la perte de contrôle démocratique au sein des universités publiques et, finalement, ils réclament le droit de la société catalane à faire un plein usage de sa langue nationale, c’est-à-dire le catalan, et ce, y compris à tous les niveaux d’enseignement supérieur (« 8. Davant d’un procés d’internacionalització de les universitats destinat a captar “clients” d’arreu del món, recordem que la societat catalana té dret a un ús ple de la llengua pròpia del país, incloent la seva utilització a tots els nivells de l’ensenyament superior. »)

Un groupe de jeune a aussi mis feu à des conteneurs à divers endroits de Barcelone, ce qui a produit une épaisse fumée noire qui était visible de loin. D’autres ont tenté de faire une barricade avec des conteneurs pour bloquer l’accès routier aux fourgons policiers. Un autre groupe a brisé les vitres de la Banco Popular en guise de protestation contre les coupures et la commercialisation de l’éducation. Comme toujours, on pouvait s’attendre à une répression policière et c’est ce qui s’est produit. Vous pouvez voir dans les deux vidéos suivantes comment les forces policières poursuivent avec des fourgons des manifestants à pied ou tapent sur tout ce qui bouge :

Sur les réseaux sociaux, le terme « #vaga29f » est de plus en plus populaire. Ces manifestations ont beaucoup en commun avec ce qui se passe au Québec. Il est intéressant de comparer les motivations et les initiatives des étudiants et, surtout, de quelle façon ils procèdent pour faire avancer leur cause. D’une part, on remarque qu’il y a plus de répression policière en Espagne qu’au Québec, et, d’autre part, que les étudiants québécois sont beaucoup moins solidaires que les étudiants des territoires catalans. Du moins, pour le moment. Il s’agit là d’un dossier à suivre!

-Maxime Paquin

 

Sources :

http://www.ara.cat/noticies/universitats-educacio-retallades_3_655164484.html

http://www.ara.cat/societat/estudiants-entren-llegeixen-comunicat-directe_0_655134601.html

http://www.ara.cat/societat/Milers-destudiants-protestes-retallades-Valencia_0_655134617.html

http://www.ara.cat/comunicacio/estudiants_ARAFIL20120229_0002.mp3

http://www.ara.cat/societat/Milers-duniversitaris-manifesten-retallades-educacio_0_655134605.html

http://www.vilaweb.cat/noticia/3990582/20120229/milers-destudiants-surten-carrer-defensa-universitat-publica.html

http://www.vilaweb.cat/noticia/3990678/20120229/aldarulls-barcelona-final-manifestacio-destudiants.html

http://blocs.mesvilaweb.cat/adasi

http://reconstruimlapublica.wordpress.com/adhesions-2/novetats/

https://twitter.com/#%21/polcastellvi/status/174852619502747649/photo/1

http://twitter.com/#!/Uniprecaria

http://twitter.com/#!/search/%23Vaga29F

http://www.324.cat/noticia/1620352/catalunya/Entre-25000-i-60000-es-mobilitzen-a-Barcelona-en-una-manifestacio-imprevisible

http://www.324.cat/galeria/29654/14/altres/Vaga-duniversitats#ancla

Le livre contre la matraque

février 21, 2012

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Valence, 20 février 2012 : des étudiants sont réunis devant l’Institut Lluís Vives. Pourquoi? Pour manifester contre les coupures dans le domaine de l’éducation.

L’élément déclencheur? Le Pays valencien est la région la plus endettée de l’Espagne. Le gouvernement valencien, dont le budget en matière d’éducation a été coupé et recoupé pour lutter contre la crise, n’est pas arrivé à payer ses comptes d’électricité, privant les établissements éducationnels valenciens de chauffage, et ce, en plein hiver.

Les étudiants sont donc devant l’Institut Lluís Vives. Ils manifestent pour une éducation de qualité. Ils brandissent des pancartes et chantent des slogans. Ils font du bruit, soit, mais ils ne font rien de bien mal. Ils sont désarmés. Il n’y a pas de signe d’agressivité chez eux, mais ils bloquent la rue et ça, ça ne passe pas. Mais à quoi peuvent-ils bien penser?!

C’est là qu’intervient l’escouade antiémeute valencienne. Des petits Rambos en devenir et des cowboys nerveux en manque d’action sonnent la charge et foncent dans le tas. Ils tapent sur tout ce qui bouge, même ce qui ne bouge pas.

Les manifestants sont en majorité des adolescents de 12 à 17 ans. Les policiers ne font pas de distinction. Ces demis-hommes s’en prennent à tout le monde : garçons, fillettes et même personnes âgées.

À la suite des événements, Antonio Moreno, chef de police de Valence, a déclaré que les étudiants étaient l’ennemi et que les policiers avaient réagi avec une force absolument justifiée et proportionnée. Malheureusement pour ce monsieur, les actes des policiers ont été filmés et photographiés (voir ci-dessous). Les agents de la paix (ironie) ont été vus en train de frapper des manifestants à coups de matraque au visage, pousser des filles sur des voitures, gifler des jeunes et même tenter de les renverser avec des fourgons de la police.

Ces manifestations étudiantes recoupent les manifestations étudiantes qui ont présentement lieu ici à Montréal et font suite aux manifestations contre la brutalité policière qui ont eu lieu à Madrid il y a quelques jours.

Aujourd’hui, des manifestations contre la violence policière et pour le mouvement estudiantin valencien sont organisées à travers l’Espagne, notamment à Cordoue, Barcelone et à Madrid.

À Valence même, des milliers de gens se sont réunis à la plaza del Ayuntamiento pour protester contre la répression policière et exiger la démission de Paula Sanchez de León, la déléguée du gouvernement à Valence. De plus, 400 étudiants se sont enfermés dans la Faculté de géographie et d’histoire de l’Université de Valence pour exiger la même chose.

 

Dans le vidéo ci-dessous, on aperçoit un policier qui gifle un étudiant qui, en plus d’être pacifique et d’avoir les mains dans les poches, ne le regardait même pas :

 

Dans le vidéo suivant, on peut voir (à 0:09) un policier qui coure derrière deux adolescentes et qui les pousse violemment, tête première, sur une voiture :

 

Ici, il y a plusieurs choses à voir. À 0:56, on voit un Rambo solitaire qui fonce dans la foule et force ses collègues à le suivre. Rambo tape sur tout ce qu’il peut et on voit deux de ses collègues (1:04, à gauche, près de l’entrée du stationnement) frapper à multiples reprises un étudiant désarmé qui tente visiblement de s’en aller. De 1:29 à 1:34, on voit un policier pointer un photographe et 10 autres policiers le menacer, bâtons levés.

 

Dans le vidéo qui suit, on voit plusieurs autres choses troublantes. D’abord, les policiers qui essaient de renverser des manifestants avec des fourgons, s’arrêtant de justesse à leurs pieds (0:30 à 0:40). Le retour de Rambo, de 1:50 à 1:59, l’arrestation d’une adolescente (2:24 à 2:29) et, la cerise sur le sundae, des policiers non identifiés (2:40 à 2:45). Dans cette dernière séquence, on voit très bien que les badges jaunes qui identifient les policiers valenciens ont été retirés pour éviter qu’ils soient identifiés et, par conséquent, éviter qu’ils soient poursuivis pour leurs abus.

 

Dans ce dernier vidéo, on peut voir un policier attaquer des vieilles dames (1:49). De 2:50 à 3:05, on peut aussi entendre la foule crier «ESTAS SON NUESTRAS ARMAS!» («Ce sont nos armes», faisant référence à leurs mains vides, paumes ouvertes, qu’ils brandissent dans les airs pour démontrer le rapport inégal de force). À partir de 4:08, on peut entendre des filles chanter «esto es una dictadura y lo sabéis» («c’est une dictature et vous le savez»).

 

-Maxime Paquin

 

Sources :

http://www.rtve.es/noticias/20120221/miles-estudiantes-se-manifiestan-pacificamente-valencia-libros-alto/499937.shtml

http://www.rtve.es/noticias/20120221/ministro-del-interior-reconoce-pudo-haber-algun-exceso-policial-valencia/499820.shtml

http://www.telecinco.es/informativos/sociedad/estudiantes-manifiestan-Barcelona-incidentes-Valencia_0_1563444236.html

http://www.marxist.com/valencia-police-brutality.htm

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/02/20/espagne-violences-lors-d-une-manifestation-contre-la-rigueur-a-valence_1646086_3214.html

http://roarmag.org/2012/02/spain-valencia-students-protest-brutality-violence/

http://www.bbc.co.uk/news/world-europe-17112779

http://www.digitaljournal.com/article/319969

http://www.dailytelegraph.com.au/news/breaking-news/riot-police-beat-students-in-protest/story-e6freuyi-1226276900596